René BONNET
Pour
une promenade sur les traces du passé cliquez sur le portrait ou ici
René Bonnet est né le 27 décembre 1904 à Vaumas.
Son père était menuisier, sa mère coiffeuse. La guerre de 1914 ayant appelé au
front les professeurs, dès 1915 il cesse sa scolarité et se loue aux fermiers
des environs. Son père le prend ensuite comme apprenti. Dès qu’il est en
mesure de s’acheter un vélo, il part à Moulins aux usines Albert COL.
Brillant sportif il joue au football, ailier droit, pour l’équipe de
Dompierre-sur-Besbre. A 16 ans il découvre la vie trépidante de la capitale en
l’occasion d’un match à la cartoucherie de Vincennes. En 1925, il
choisit d’effectuer son service militaire dans la marine pour voir la
mer. D’un plongeon imposé dans une eau trop peu profonde, il conserve un
mal de dos persistant. De retour à la vie civile il consulte successivement
trois médecins qui lui confirmeront qu’il est atteint de tuberculose
osseuse : c’est à dire être condamné à l’immobilité totale. Ne
voulant plus être une charge pour sa famille il décide en 1927 de partir en
sanatorium, à Berck, où l’on soigne cette terrible maladie. Au coeur du
malheur, il ne désempare jamais. A ses compagnons d’infortune il donne
exemple de courage et de dignité. Sous son impulsion il fait dresser des
métiers à tisser pour que la vie reprenne et que chacun puisse se financer des
soins décents. (La sécurité sociale n’existe pas).
Presque
deux ans plus tard aucun examen ne lui avait permis de connaître l’évolution
de son mal. En cachette il ôte son corset et à l’aide d’une civière
tirée par un âne, il se rend chez un radiologiste complaisant. Le verdict est
formel : « Vous n’avez jamais eu le mal de Pott ! ».
Terrible joie, terrible nouvelle pour un jeune homme qui ne sait plus marcher.
En quelques mois il réapprend toutes les fonctions de la vie qu’on lui
avait interdite et quitte l’hôpital Bouville.
Etabli
dans son pays natal, René Bonnet poursuit ses activités de tissage et son
négoce. Début 1929, son beau-frère décède accidentellement, sa soeur le réclame
à Champigny-Sur-Marne pour l’aider à tenir son garage. La passion de la
mécanique et du sport prend place dans le grand et athlétique garçon
qu’il est devenu. Deux ans plus tard, il fonde sa propre entreprise en
rachetant l’affaire de charronnage de Mme Deutsch dont le fils, Charles,
vient d’entrer à Polytechnique. Une entente profonde unit les deux
garçons qui viendront, en 1936, décider à construire une automobile de course à
leur initiales : la D.B .
Au
fil des années séparant l’immédiat avant guerre jusqu’au début des
années soixante, dans la petite entreprise de l’avenue du Général de
Gaulle dont la surface des locaux ne dépasse pas
Commercialement,
en 1949 était présentée celle qui aurait dû devenir la Grand Tourisme du
renouveau Français, une voiture en avance sur son époque que la volonté de la
maison Citroën hélas condamnera. Après une petite production de cabriolets et
de coach (1950-1952) à mécanique Panhard, apparaît le Coach type HBR5, une
voiture réalisée avec vingt ans d’avance. Aérodynamique, légère,
compacte, première automobile au monde commercialisée dotée d’une
carrosserie plastique auto porteuse, elle était capable avec un moteur de 850
cmc d’atteindre
En
1961 après un quart de siècle de renouveau technique, symbolisé par deux
initiales, les deux amis se séparent. Charles Deutsch, ingénieur des ponts et
chaussées ne pouvait plus depuis déjà fort longtemps s’associer dans
l’évolution d’une entreprise où sa participation, certes passionnée
pour les courses d’endurance, ne se résumait plus qu’à quelques
minutes consacrées au fil de visites espacées.
A 58 ans, tel le capricorne de son zodiaque, René
Bonnet, engage son enthousiasme dans un nouveau départ. On lui doit
l’origine des pourparlers du gouvernement de l’époque pour que soit
mise en oeuvre une Formule 1 française. Hélas toujours sans argent il est
contraint à beaucoup emprunter pour concevoir l’usine de Romorantin
d’où il fera sortir la première automobile au monde avec moteur central,
commercialisée : la René Bonnet DJET. Le nouveau prototype de compétition
remporte dès sa première sortie les
René
Bonnet verra sous une couleur qui n’est plus la sienne triompher la formule
1 dont il rêvait. Il verra le réveil de l’industrie française, que lui
seul avait soutenu si longtemps, s’enorgueillir d’un savoir faire
dont il était le père originel.
Il est mort le 13 janvier 1983, en éternel
passionné de mécanique, et avec le dernier bonheur de tenir un volant entre les
mains.
Téléchargez ici la brochure éditée pour le Centenaire de René Bonnet
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René
Bonnet
raconté
par lui-même
En 1961, René
Bonnet est au sommet de sa gloire. Depuis le renoncement de Gordini en 1957, il
est devenu le seul représentant de la France en compétition automobile : le
symbole d'une industrie nationale qui sans lui aurait perdu tout honneur. Fort
de ce prestige, il vient d'investir dans une nouvelle usine à Romorantin et
participe au débat gouvernemental qui définit le projet d'une Formule 1.
Le mardi 12 décembre juste avant la diffusion du mythique "Temps des Copains", l'unique chaine de la télévision lui consacre "L'aventure Moderne", un reportage en direct depuis l'usine de Champigny. Le réalisateur Jean-Marie Codelfy, Bernard Hubrenne et le présentateur Jean Bardin ont engagé de lourds moyens de la RTF pour offrir aux téléspectateurs 30 minutes de confession et de partage avec l'homme que la France admire.
Les photographies, souvent exclusives, qui illustrent ce document sont pour nombreuses extraites des albums personnels de René Bonnet.
Ce document, récit d'une
vie, est par ailleurs la seule mémoire des voix du pilote Paul Armagnac et de
Billy qui fut l'épouse de René Bonnet.
Les photographies du jour de l'émission sont de Hugo
Harrang
(31 minutes d'archives au format Real Video)
Les actualités de l'histoire
Voici la chronologie mémoire de plus d'une heure d'actualités cinématographiques, au fil du quart de sciècle de compétition automobile, écrit par René Bonnet et son équipe. De 1939 à 1964 voici les images, les visages et les évènements figés dans l'histoire. Certains de ces documents n'ont jamais été difusés.
Aux premières minutes, vous reconnaitrez Bernard Blier et la DB numéro 1, figuratrice annonyme dans le film « Le Journal tombe à 5 heures ». Les circuits de Nice, Angoulême, Aix, Marseille, Montlhéry, le Mans, seront la trame de fond d’un souvenir humain aux détails que le temps voudra un jour effacer. Alors n’oublions pas ! En 1953 dans l’atelier il y avait « Menu » (Roger Guilpain) et René au Banc moteur, Lallemand de chez Dunlop qui examine les pneus. En 1956, Repin l’ami de toutes les équipes, pose entre Rosier et Behra sur le podium d’arrivée. En 1959 Bruno de Marchio se précipite, comme tous les ans, sous le capot des DB lors des arrêts au Mans. Au salon de l’auto 1960, le Général de Gaulle vient saluer Billy et René Bonnet dès son arrivée. En 1962, José Rosinsky essaye le premier proto René Bonnet pour la jeune revue « Sport Auto », sous le regard de son amie Michèle Dubosc et de la Monomill de Pierre Mulsant qui passe sur la piste. Claude Joubert vient questionner René Bonnet à Champigny pour la RTF. On se presse avec Amédée Gordini, André Moynet et toute l’équipe de mécaniciens et de tôliers pour être dans le champ de la caméra d’actualité télévisée. Tandis qu’on s’affère à préparer les Djet pour le Mans, Michel discute avec son père. Les enfants jouent aux futurs pilote sur les DB pour juniors. Majestueusement, on retrouvera le prince Michel de Bourbon Parme près de sa voiture au bord de la piste du Mans .
L'AVENTURE MONOMILL
Pour le 40ème anniversaire
de la disparition de Paul Armagnac, Robert Castagnon et sa fille Corine, m'avaient demandés un article à la
mémoire du grand pilote. Cette occasion a également été celle de retracer
l'histoire méconnue de la formule MONOMILL créée par René Bonnet.
Cliquez ici pour lire le récit (format pdf) de première formule
de promotion
Le Mans 1954 en couleur
Le célèbre violoncelliste, comédien et humoriste : Maurice Baquet, armé de sa caméra et d'un film couleur 16mm "Kodakchrome",est venu assisté au Mans 1954, en surprise et pour encourager son ami Marc Gignoux. On lit sur les lèvres de ce dernier « Oh Maurice !», plein de joie. Les premières images montrent Paul Gignoux (frère de Marc) et co-fondateur de l’école du ski Français. Avant le Départ, Charles Faroux passe en revue la piste ou attendent les Cuningham, Jagaur, Stanguellini et autres Talbot. Robert Doisneau salue, le Leïca en bandoulière. Les DB éclatent de leur bleu magnifique et la Ferrari numéro 4 attend sa victoire. Les Aston-Martin côtoient les 4cv Renault. Une charmante interprète dont on peut avouer, aujourd’hui, qu’elle ne fut pas insensible à René Bonnet, passe devant une haie de gendarmes. René Bonnet et Marc Gignoux posent debout sur leurs stands. René Coton se plonge dans sa Monopole et dans la foule Joe Schlesser discute. La télévision assure le direct pour la première fois de son histoire. Le Départ et la course de nuit. L’ombre de Pierre Bonnet se penche sur la DB de Gignoux. Ce documents magnifique et unique n'avait jamais été diffusé. MERCI Monsieur Baquet !
La Formule 2 RENE BONNET
Avec l’ambition de redonner à la France une présence en Formule 1, la Formule 2 René Bonnet représentait l’échelon ultime. Conçue par Jacques Hubert, cette monoplace a été la première à englober les réservoirs dans sa structure. Elle innovait, aussi, par sa suspension avant à bascule croisée pour contrer le roulis. Le reportage présenté est un montage inédit réalisé à l’occasion du GP de Pau, le 5 avril 1964.
LE TESTAMENT DE
RENE BONNET
"Bien que
cassé de partout, je reste quand même en équilibre."
En 1965, René Bonnet a tout perdu. Son entreprise a
été cédée avec son nom. Le repreneur lui interdit, pour dix années, à pouvoir
s’engager dans la construction d’automobiles. Sa vie familiale
s’est rompue. Il ne lui reste que son bien le plus précieux :
l’honneur ; l’honneur de ne pas avoir déposé de bilan,
l’honneur de tenir tête à sa santé d’opéré cardiaque,
l’honneur de reprendre la vie à zéro, hébergé dans le modeste appartement
de sa secrétaire. C’est dans cette condition, qu’à la fin de
l’hiver, il accepte d’être intimement filmé. Ce document que vous
allez regarder, René Bonnet y tenait plus que tout autre témoignage. Voici,
conforme à sa volonté, les mots pudiques et pesés qui renferment la clef de son
lègue, la grandeur de sa vie et la beauté de son pardon.
Dominique
Perruchon
Le 19 novembre 2006
(30 minutes
(53346 ko) Format Real Video)
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