René BONNET

 

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Rene Bonnet en 1952

Pour une promenade sur les traces du passé cliquez sur le portrait ou ici

 

René Bonnet est né le 27 décembre 1904 à Vaumas. Son père était menuisier, sa mère coiffeuse. La guerre de 1914 ayant appelé au front les professeurs, dès 1915 il cesse sa scolarité et se loue aux fermiers des environs. Son père le prend ensuite comme apprenti. Dès qu’il est en mesure de s’acheter un vélo, il part à Moulins aux usines Albert COL. Brillant sportif il joue au football, ailier droit, pour l’équipe de Dompierre-sur-Besbre. A 16 ans il découvre la vie trépidante de la capitale en l’occasion d’un match à la cartoucherie de Vincennes. En 1925, il choisit d’effectuer son service militaire dans la marine pour voir la mer. D’un plongeon imposé dans une eau trop peu profonde, il conserve un mal de dos persistant. De retour à la vie civile il consulte successivement trois médecins qui lui confirmeront qu’il est atteint de tuberculose osseuse : c’est à dire être condamné à l’immobilité totale. Ne voulant plus être une charge pour sa famille il décide en 1927 de partir en sanatorium, à Berck, où l’on soigne cette terrible maladie. Au coeur du malheur, il ne désempare jamais. A ses compagnons d’infortune il donne exemple de courage et de dignité. Sous son impulsion il fait dresser des métiers à tisser pour que la vie reprenne et que chacun puisse se financer des soins décents. (La sécurité sociale n’existe pas).

 

Presque deux ans plus tard aucun examen ne lui avait permis de connaître l’évolution de son mal. En cachette il ôte son corset et à l’aide d’une civière tirée par un âne, il se rend chez un radiologiste complaisant. Le verdict est formel : « Vous n’avez jamais eu le mal de Pott ! ». Terrible joie, terrible nouvelle pour un jeune homme qui ne sait plus marcher. En quelques mois il réapprend toutes les fonctions de la vie qu’on lui avait interdite et quitte l’hôpital Bouville.

 

Etabli dans son pays natal, René Bonnet poursuit ses activités de tissage et son négoce. Début 1929, son beau-frère décède accidentellement, sa soeur le réclame à Champigny-Sur-Marne pour l’aider à tenir son garage. La passion de la mécanique et du sport prend place dans le grand et athlétique garçon qu’il est devenu. Deux ans plus tard, il fonde sa propre entreprise en rachetant l’affaire de charronnage de Mme Deutsch dont le fils, Charles, vient d’entrer à Polytechnique. Une entente profonde unit les deux garçons qui viendront, en 1936, décider à construire une automobile de course à leur initiales : la D.B

 

Au fil des années séparant l’immédiat avant guerre jusqu’au début des années soixante, dans la petite entreprise de l’avenue du Général de Gaulle dont la surface des locaux ne dépasse pas 800 m² , d’autres D.B, toutes plus innovantes les unes que les autres seront produites. Elles vont, à elles seules, défendre les couleurs de la France. Sur les circuits du monde entier, les succès vont être considérables. René Bonnet concepteur, organisateur, meneur d’hommes est de plus un pilote de grand talent. On notera rien qu’au Mans 5 victoires à l’indice de performance, 1 victoire au rendement énergétique, 4 coupes biennales, 6 victoires de classe ; 7 victoires aux Mille Miles en Italie, 6 victoires à Sébring aux USA où d’ailleurs en 1958 la firme D.B s’adjugera le championnat du National Sport Car Club of America, 2 victoires éclatantes au Tourist Trophy en Grande Bretagne, 5 victoires au Circuit d’Auvergne, 6 victoires au Tour de France Automobile, 2 victoires au Rallye Monte-Carlo, etc... Le palmarès estimé approche le millier de victoires. Il faut également retenir la conquête de 51 records du monde et la création de la « Monomill », première formule de promotion moderne pour les jeunes pilotes.

 

Commercialement, en 1949 était présentée celle qui aurait dû devenir la Grand Tourisme du renouveau Français, une voiture en avance sur son époque que la volonté de la maison Citroën hélas condamnera. Après une petite production de cabriolets et de coach (1950-1952) à mécanique Panhard, apparaît le Coach type HBR5, une voiture réalisée avec vingt ans d’avance. Aérodynamique, légère, compacte, première automobile au monde commercialisée dotée d’une carrosserie plastique auto porteuse, elle était capable avec un moteur de 850 cmc d’atteindre 160 km/h pour une consommation inférieure à 7 litres.

 

En 1961 après un quart de siècle de renouveau technique, symbolisé par deux initiales, les deux amis se séparent. Charles Deutsch, ingénieur des ponts et chaussées ne pouvait plus depuis déjà fort longtemps s’associer dans l’évolution d’une entreprise où sa participation, certes passionnée pour les courses d’endurance, ne se résumait plus qu’à quelques minutes consacrées au fil de visites espacées.

 

A 58 ans, tel le capricorne de son zodiaque, René Bonnet, engage son enthousiasme dans un nouveau départ. On lui doit l’origine des pourparlers du gouvernement de l’époque pour que soit mise en oeuvre une Formule 1 française. Hélas toujours sans argent il est contraint à beaucoup emprunter pour concevoir l’usine de Romorantin d’où il fera sortir la première automobile au monde avec moteur central, commercialisée : la René Bonnet DJET. Le nouveau prototype de compétition remporte dès sa première sortie les 1000 km du Nurburgring, la victoire du Mans 1962 se perd de peu. Celle de 1963 apporte un souffle de confiance, mais au fil des saisons 1963/1964, il apparaît que les mécaniques fournies par la régie Renault ne sont pas aussi fiables que celles livrées au nouveau concurrent : Alpine. La formule 2, techniquement très élaborée, manque de moyens et de mise au point. Les nécessités d’investissement obligent finalement, en octobre 1964, Bonnet à céder ses parts et son entreprise à son principal actionnaire : MATRA.

 

René Bonnet verra sous une couleur qui n’est plus la sienne triompher la formule 1 dont il rêvait. Il verra le réveil de l’industrie française, que lui seul avait soutenu si longtemps, s’enorgueillir d’un savoir faire dont il était le père originel.

 

Il est mort le 13 janvier 1983, en éternel passionné de mécanique, et avec le dernier bonheur de tenir un volant entre les mains.

 

 

Brochure éditée pour le Centenaire de René Bonnet 

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35 pages et 110 photographies

Clic droit " enregistrez la cible sous" - 6782 Ko format pdf

 

 

René Bonnet

raconté par lui-même

 

En 1961, René Bonnet est au sommet de sa gloire. Depuis le renoncement de Gordini en 1957, il est devenu le seul représentant de la France en compétition automobile : le symbole d'une industrie nationale qui sans lui aurait perdu tout honneur. Fort de ce prestige, il vient d'investir dans une nouvelle usine à Romorantin et participe au débat gouvernemental qui définit le projet d'une Formule 1.

Le mardi 12 décembre juste avant la diffusion du mythique "Temps des Copains", l'unique chaine de la télévision lui consacre "L'aventure Moderne", un reportage en direct depuis l'usine de Champigny. Le réalisateur Jean-Marie Codelfy, Bernard Hubrenne et le présentateur Jean Bardin ont engagé de lourds moyens de la RTF pour offrir aux téléspectateurs 30 minutes de confession et de partage avec l'homme que la France admire.

Les photographies, souvent exclusives, qui illustrent ce document sont pour nombreuses extraites des albums personnels de René Bonnet.

Ce document, récit d'une vie, est par ailleurs la seule mémoire des voix du pilote Paul Armagnac et de Billy qui fut l'épouse de René Bonnet.

 

 

RTF 1961

 

" L' Aventure Moderne"

à été diffusée par la RTF le 12 décembre 1961 à 19h10
Le document présenté a été illustré à partir de la bande son d'origine et d'archives de l'auteur.

Les photographies du jour de l'émission sont de Hugo Harrang

(31 minutes d'archives au format Real Video)

 

 

 

Les actualités de l'histoire

 

Voici la chronologie mémoire de plus d'une heure d'actualités cinématographiques, au fil du quart de sciècle de compétition automobile, écrit par René Bonnet et son équipe. De 1939 à 1964 voici les images, les visages et les évènements figés dans l'histoire. Certains de ces documents n'ont jamais été difusés.

Aux premières minutes, vous reconnaitrez Bernard Blier et la D.B numéro 1, figuratrice annonyme dans le film « Le Journal tombe à 5 heures ». Les circuits de Nice, Angoulême, Aix, Marseille, Montlhéry, le Mans, seront  la trame de fond  d’un souvenir humain aux détails que le temps voudra un jour effacer. Alors n’oublions pas ! En 1953 dans l’atelier il y avait « Menu » (Roger Guilpain) et René au Banc moteur,  Lallemand de chez Dunlop qui examine les pneus. En 1956, Repin l’ami de toutes les équipes,  pose entre Rosier et Behra sur le podium d’arrivée. En 1959 Bruno de Marchio  se précipite, comme tous les ans,  sous le capot des D.B lors des arrêts au Mans. Au salon de l’auto 1960, le Général de Gaulle vient saluer Billy et René Bonnet dès son arrivée. En 1962, José Rosinsky essaye le premier proto René Bonnet pour la jeune revue « Sport Auto », sous le regard de son amie Michèle Dubosc et de la Monomill de Pierre Mulsant qui passe sur la piste. Claude Joubert vient questionner René Bonnet à Champigny pour la RTF.  On se presse avec  Amédée Gordini, André Moynet et toute l’équipe de mécaniciens et de tôliers pour être dans le champ de la caméra d’actualité télévisée. Tandis qu’on s’affère à préparer les Djet pour le Mans, Michel discute avec son père. Les enfants jouent aux futurs pilote  sur les D.B pour juniors. Majestueusement, on retrouvera le prince Michel de Bourbon Parme près de sa voiture au bord de  la piste du Mans .

 

1939-1964  


Archives d'actualité N&B + Couleur !
du Bol d'Or 1939 aux 24 heures du Mans 1964
(65 minutes ! (118 683 ko) d'archives au format Real Media)


 

 

L'AVENTURE MONOMILL

 

Pour le 40ème anniversaire de la disparition de Paul Armagnac, Robert Castagnon et sa fille Corine, m'avaient demandés un article à la mémoire du grand pilote. Cette occasion a également été celle de retracer l'histoire méconnue de la formule MONOMILL créée par René Bonnet.

 

Les Monomill  le 14 avril 1954

 

Cliquez ici pour lire le récit (format pdf) de première formule de promotion

 


 

Le Mans 1954 en couleur

 

Le célèbre violoncelliste, comédien et humoriste : Maurice Baquet, armé de sa caméra et d'un film couleur 16mm "Kodakchrome",est venu assisté au Mans 1954, en surprise et pour encourager son ami Marc Gignoux. On lit sur les lèvres de ce dernier «  Oh Maurice !», plein de joie. Les premières images montrent Paul Gignoux (frère de Marc) et co-fondateur de l’école du ski Français. Avant le Départ, Charles Faroux  passe en revue la piste ou attendent les Cuningham, Jagaur, Stanguellini et autres Talbot. Robert Doisneau salue, le Leïca en bandoulière. Les D.B éclatent de leur bleu magnifique et la Ferrari numéro 4 attend sa victoire. Les Aston-Martin côtoient les 4cv Renault. Une charmante interprète dont on peut avouer, aujourd’hui, qu’elle ne fut pas insensible à René Bonnet, passe devant une haie de gendarmes. René Bonnet et Marc Gignoux  posent debout sur leurs stands. René Coton se plonge dans sa Monopole et dans la foule Joe Schlesser discute. La télévision assure le direct pour la première fois de son histoire. Le Départ et la course de nuit. L’ombre de Pierre Bonnet se penche sur la D.B de Gignoux. Ce documents magnifique et unique n'avait jamais été diffusé. MERCI Monsieur Baquet !  

   

 

INEDIT & UNIQUE - RENE BONNET en Couleur !
Les 24 heures du Mans 1954 filmées par Maurice Baquet
(2 minutes 50 d'archives au format Real Video)

 

 

 

La Formule 2 RENE BONNET

 

Avec l’ambition de redonner à la France une présence en Formule 1, la Formule 2 René Bonnet représentait l’échelon ultime. Conçue par Jacques Hubert, cette monoplace a été la première à englober les réservoirs dans sa structure. Elle innovait, aussi,  par sa suspension avant à bascule croisée pour contrer le roulis. Le reportage présenté est un montage inédit réalisé à l’occasion du GP de Pau, le 5 avril 1964.

 

 

1939-1964  


Reportage d'actualité et interviews N&B
GP de Pau 1964
(4'20''_7329_ko) d'archives au format Real Media)

 

 

LE TESTAMENT DE RENE BONNET


"Bien que cassé de partout, je reste quand même en équilibre."

 

En 1965, René Bonnet a tout perdu. Son entreprise a été cédée avec son nom. Le repreneur lui interdit, pour dix années, à pouvoir s’engager dans la construction d’automobiles. Sa vie familiale s’est rompue. Il ne lui reste que son bien le plus précieux : l’honneur ; l’honneur de ne pas avoir déposé de bilan, l’honneur de tenir tête à sa santé d’opéré cardiaque, l’honneur de reprendre la vie à zéro, hébergé dans le modeste appartement de sa secrétaire. C’est dans cette condition, qu’à la fin de l’hiver, il accepte d’être intimement filmé. Ce document que vous allez regarder, René Bonnet y tenait plus que tout autre témoignage. Voici, conforme à sa volonté, les mots pudiques et pesés qui renferment la clef de son lègue, la grandeur de sa vie et la beauté de son pardon.

 

Dominique Perruchon

Le 19 novembre 2006

 

 

"La Vocation d'un homme"
A été diffusé sur la première chaine de l'ORTF le 12 juin 1965 à 21h45
Ceci est une copie du film original 16mm - propriété de René Bonnet

(30 minutes (53346 ko) Format Real Video)

 

 

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